Les lois du pouvoir
Ce n’est pas un don. Ce n’est pas une magie.
C’est un virus. Et il veut survivre.
Le pouvoir est vivant
Il est entré dans le monde par Amichaï, l’an 0, comme une fièvre. Depuis, il passe d’un corps à l’autre. Il ne sert personne : il se sert de ceux qui le portent.
Quand il s’éveille, les yeux du manipulateur blanchissent. Une veine se dessine sous la peau, à la surface du nez, et se répand sur les joues comme de fines branches.
Trois chemins vers une cible
Un manipulateur prend possession d’un être, homme ou bête, par l’un de ces trois chemins :
- ILe toucherUn contact de la main suffit. Le lien se noue à même la peau.
- IILes ondesInvisibles, elles traversent l’air et la distance. On ne les voit pas venir.
- IIILa chairLa chair peut être contaminée. Ce qui entre dans le corps ne le quitte plus.
Plusieurs cibles à la fois
Un manipulateur n’est pas limité à un seul être. Il peut tenir plusieurs cibles en même temps, une bête, un soldat, une foule, et les faire bouger comme ses propres membres.
Mais chaque fil qu’il tend est une porte qu’il ouvre.
Chaque cible est un héritier
Tout être que le pouvoir a touché porte désormais une part de lui. Il dort, mais il est là. Chaque cible devient un héritier potentiel.
Si le manipulateur meurt alors qu’il a un héritier, le pouvoir passe à celui-ci, automatiquement. Personne ne décide. Personne ne l’empêche.
Le pouvoir choisit
Et s’il y a plusieurs hôtes ? Alors ce n’est plus le manipulateur qui choisit son successeur.
C’est le pouvoir qui choisit à sa place. Il se jette vers l’hôte qui lui donnera le plus de chances de vivre.
Amichaï l’a brisé en quatre plumes pour le dompter.
Les hommes se sont entretués pendant 1884 ans pour le posséder.
Mais le pouvoir n’a jamais appartenu à personne.
C’est avant tout un virus.
Et un virus ne veut qu’une chose : survivre.